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Communiqué de presse

Pile de journaux

Après plusieurs mois passés à négocier et à attendre des réponses proportionnées et adaptées aux contraintes qui pèsent sur les contrôleurs aériens, le SNCTA, syndicat majoritaire des contrôleurs aériens, ne peut que constater l’absence de volonté des pouvoirs publics d’aboutir à un accord permettant de répondre aux problématiques suivantes :

Ressources humaines

Après 10 % de baisse en 8 ans, c’est encore 5 % de baisse en 5 ans qui attendent les contrôleurs aériens qui subissent les politiques successives menées sans discernement par les pouvoirs publics (RGPP, MAP). Malgré des demandes répétées, le SNCTA n’a pas réussi à obtenir du gouvernement un plan pluriannuel de recrutement à 5 ans pourtant indispensable si l’on considère le temps nécessaire pour former un contrôleur aérien.

Augmentation du trafic aérien

Après déjà deux années de croissance, le trafic aérien augmente encore actuellement d’environ 3 % au niveau national (5 % pour les survols) et, d’après toutes les projections économiques, cette tendance s’inscrit dans la durée. Cela se traduit par une densité, une variabilité liée au phénomène low cost et une complexité du trafic aérien plus grandes.

Moyens techniques inadaptés

Pour faire face à la croissance du trafic aérien, tous les prestataires de navigation aérienne en Europe, à l’exception de la France, ont massivement investi dans des outils électroniques de contrôle modernes, dont certains sont opérationnels depuis plus de dix ans. La France n’a pas su prendre ce virage technologique. Par conséquent, les contrôleurs aériens français, afin de garantir le même niveau de sécurité des vols que leurs homologues européens, ne peuvent pas prendre en charge, en un temps donné, autant de trafic que ces derniers.

Devoir gérer un trafic aérien plus dense et plus complexe avec moins de ressources humaines et des moyens techniques en déclin a inévitablement pour conséquence une surcharge de l’espace aérien créant des retards importants pour les compagnies aériennes et les passagers. Cette dégradation prévisible de la qualité du service rendu par le contrôle aérien français, identifiée il y a plus d’un an par une mission indépendante d’expertise mandatée par le secrétaire d’État aux transports, se concrétise chaque jour un peu plus…

Outre les retards en très forte augmentation, assurer la sécurité de vols de plus en plus nombreux avec moins de personnels et des outils inadaptés engendre inévitablement de nouvelles contraintes pour les contrôleurs aériens et une pression encore plus forte sur les positions de contrôle dégradant les conditions de travail (stress, fatigue).

Le SNCTA s’inscrit pleinement dans la recherche de solutions et, dans le cadre d’une politique de gestion des ressources humaines clairement définie, accepte de négocier une nouvelle organisation du travail, plus flexible, pour faire face aux enjeux de capacités et de sécurité notamment en s’inspirant de ce qui se pratique ailleurs en Europe. Une expérimentation en ce sens a d’ailleurs été effectuée au CRNA*-Est l’été dernier. Les retours de celle-ci sont satisfaisants en termes de délais, d’offre de capacité et de conditions de travail. Cependant, les nouvelles contraintes qui pèsent sur les contrôleurs aériens (restrictions de congés, flexibilité accrue dans les horaires, augmentation du travail le dimanche par exemple) doivent faire l’objet de contreparties plus adaptées.

Les propositions faites par les pouvoirs publics ne permettant pas la signature d’un accord, le SNCTA dépose un préavis de grève les 3, 4 et 5 juin 2016. Le SNCTA revendique :

  • la définition d’une politique pluriannuelle de recrutement de contrôleurs aériens permettant une stabilisation des effectifs opérationnels ;
  • la valorisation des gains de performances et des contraintes professionnelles et réglementaires associées, conséquences de l’augmentation du trafic aérien et de la baisse des effectifs ;
  • l’amélioration des retraites pour porter le taux de remplacement à 70 % ;
  • la prise en compte de ses conditions pour la mise en place d’éventuelles expérimentations et leur valorisation en rapport avec les contraintes nouvelles et les gains de productivité dégagés.

 CRNA : Centre en-Route de la Navigation Aérienne

Communiqué de presse (88 KiB)

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