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Désir d'avenir ou conflit à venir ?

Sentiment partagé, synonymes de « conflit » et de « désir » en arrière-plan

Le dernier protocole d’accord appliqué par les pouvoirs publics à la DGAC et signé par une majorité de représentants des contrôleurs aériens remonte à la fin de l’année 2006. L’an prochain, notre administration pourrait donc fêter le dixième anniversaire de son divorce avec les contrôleurs !

Dix ans d’abandon, de renoncements consacrés par l’application d’une politique visant à placer les intérêts de la navigation aérienne derrière tous ceux des autres secteurs du transport aérien. Une trajectoire nuisible qu’il nous faut aujourd’hui briser coûte que coûte.

Licenciés en 2005

En 2005, l’univers du contrôle aérien européen change avec l’introduction des premiers composants réglementaires de la licence de contrôle. Si, en Europe, plusieurs pays appliquent déjà le principe de licence aux contrôleurs, en France, c’est une révolution. Nos dirigeants, incapables d’imposer, au niveau européen, le modèle français, vont faire le choix de faire subir progressivement aux contrôleurs les conséquences de leurs renoncements européens successifs.

Un accord et puis s’en va

En 2006, l’accord licence est signé. Il introduit en France le principe de la licence de contrôle. Cet accord a minima doit, dans l’esprit des signataires, en appeler d’autres. Il vise à installer les grands principes du nouveau système, en échange de contreparties sociales qui, à l’époque, apparaissent comme significatives. Dans les faits, elles se révèleront rapidement dérisoires, voire nulles, si l’on considère la montée en puissance des exigences liées à la licence et l’accumulation des reculs sociaux depuis 2007. En 2010, pas d’accord, en 2013 pas d’accord ! Depuis, la licence s’est installée, nos décideurs s’en sont allés ! Pour eux, le contrôle aérien n’est plus un sujet et ils ont confié à la direction générale de l’aviation civile le soin de faire oublier ce pan pourtant essentiel du transport aérien.

Vivons malheureux pour vivre cachés

Ce pourrait être la devise de notre direction qui nous sert à tour de bras le concept du faisons nous discrets pour faire vivre notre modèle que le monde entier nous envie, ou encore : rendez-vous compte de la chance que nous avons de disposer d’une situation tellement privilégiée au sein d’une fonction publique durement mise à l’épreuve. Rien de tout cela n’est à considérer, pour le contrôle aérien tout au moins. Notre modèle s’est tellement dégradé sous tous ses aspects (techniques, sociaux, etc.) qu’il fait plutôt office de repoussoir que de vitrine du contrôle aérien européen et, si nous tirons encore notre épingle du jeu, cela tient au seul fait de la taille et du positionnement de l’espace aérien français et à la capacité des contrôleurs français à œuvrer avec des bouts de ficelles.

Le choix d’une autre voie

S’il est une évidence, c’est que cette situation n’a que trop duré et que la trajectoire que nos décideurs infligent à notre activité doit être cassée. Le SNCTA s’y emploie, la tâche est extrêmement ardue. Dans cette guerre de position qui se tient maintenant depuis des mois, la situation des contrôleurs tantôt progresse, tantôt régresse. Au bilan, si nous avons réussi, à force de travail et de mobilisations des contrôleurs, à remettre le dossier contrôle au-dessus de la pile, celui-ci n’est toujours pas ouvert et d’aucuns s’emploient à ne vouloir le traiter que dans le cadre générique d’un certain type de fonction publique que nous rejetons.

Fonctionner ou s’adapter pour progresser

La vision mortifère de la fonction publique portée depuis des mois par les gouvernements successifs est un danger dans notre activité comme dans celles d’autres services publics. Nos décideurs ne rêvent que d’une fonction publique qui fonctionne, à moindre coût, avec des agents serviles soumis à leurs politiques d’attrition. Les contrôleurs représentés par le SNCTA sont des professionnels de haut niveau avant d’être des fonctionnaires. Ils militent pour une fonction publique moderne et efficace capable de s’adapter pour répondre aux enjeux du transport aérien, ceci dans le respect des aspirations de ses agents.

Mobiliser pour gagner

Le SNCTA entend continuer de défendre fermement les intérêts des contrôleurs trop longtemps mis à mal. Il le fera en considérant leur situation et leur positionnement dans la chaine de valeur du transport aérien européen. Il rejettera toutes les considérations exogènes sur la santé de tel ou tel acteur ou sur les orientations génériques prises par le gouvernement pour la fonction publique qui se révèlent inadaptées pour la navigation aérienne. Il utilisera tous les leviers de la négociation qui lui seront offerts. S’il les trouve insuffisants, il portera la confrontation sur le terrain du conflit social dès la deuxième partie du mois de novembre, et ce jusqu’à la signature d’un accord qui apporte des réponses aux revendications exposées depuis des mois par le SNCTA et qui ont recueilli l’assentiment d’une majorité de contrôleurs.

Recrutement et gestion prévisionnelle des effectifs — Organisation du travail — Règlement (UE) 2015/340 — Carrières et rémunérations — Retraite des ICNA.

Cinq piliers pour un accord avant la fin de l’année. Sans avancées rapides dans ce sens, le SNCTA mobilisera les contrôleurs tous les matins, pour une durée illimitée, à partir de la deuxième partie du mois de novembre.

CDA n° 743 — Désir d'avenir ou conflit à venir ? (1.5 MiB)

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