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DGAC : C’est quand qu’on va où ?

Labyrinthe avec une idée au centre, mais non résolu

Le GT effectif qui s’annonce est bien révélateur de la façon dont la DGAC est gérée. Parler d’une gestion à la petite semaine devient même élogieux quand on considère la situation : des documents de travail envoyés la veille, pas de stratégie affichée (pour ne pas dire pas de stratégie du tout). Est-ce cela la marque de fabrique du management et du dialogue social à la DGAC ?

GT effectif : la misère

La baisse des effectifs est connue de nos dirigeants, elle est vécue par les salles et les subdivisions auxquelles on demande de faire plus avec moins et avec bien peu de perspectives d’avenir. Dans tous les plans de restructuration, la direction affiche un objectif d’organisation ou de baisse des effectifs pour s’adapter à la conjoncture. On y adhère ou pas. On travaille à l’accompagner ou l’on s’y oppose en contre-argumentant. Ce devrait être cela le dialogue social tant vanté par les pouvoirs publics.

Mais dans quel autre secteur en croissance (trafic en hausse, missions d’étude et de formations en hausse), où celle-ci est annoncée comme durable, et qui ne dégage pas de gains de productivité, opère-t-on des vagues de licenciement… pardon, de non remplacement des emplois ?

Alors à quoi bon être constructif à ce GT effectif qui n’a pour seul but que d’être une sorte d’exutoire où l’administration espère que la colère des personnels se manifestera par des combats entre organismes et entre syndicats plutôt que contre elle par la grève ? Diviser pour mieux régner sur un royaume en cendres. Être complice de cela, le SNCTA s’y refuse. À quoi bon être raisonnable et jouer le jeu en participant à la distribution des tickets de rationnement ? Le SNCTA ne se pliera pas à l’exercice d’accompagner la gestion indigente de l’administration en matière de ressources humaines.

La tendance de la courbe des effectifs est la même pour tous : à la baisse. Le rapport Verhnes avait au moins le mérite d’en faire le constat irréfutable. Et que fait l’administration ? Ce qu’elle fait le mieux : rien ! Attendre jusqu’à ce qu’il soit trop tard, que les personnels, au premier rang desquels les contrôleurs, ne s’insurgent violemment contre ce mode de « non gestion ».

Préparer l’avenir

Dans les prochaines années, qu’on le veuille ou non, même si la DGAC s’est montrée jusqu’à présent bien en peine pour conduire avec efficacité et transparence des projets, le contrôle aérien va devoir évoluer. Il ne sera bientôt plus possible de fonctionner avec les petites combines de l’administration, les matériels hors d’âge et les conditions de travail des années 1990. Réorganiser le travail est une nécessité mais cela ne sera pas suffisant avec l’augmentation du trafic. Devant les délais qui vont croitre et la colère des usagers, les choses bougeront, malgré nous si nous n’avons pas su faire évoluer le modèle que nous prétendons défendre. Là est l’enjeu de la défense du service public : nos dirigeants l’ont-ils compris ?

Apporter des solutions

Ainsi, à l’horizon 2018-2019, si pour une fois les échéanciers SYSAT et 4-Flight présentés par l’administration sont tenus, la formation et l’appropriation de ces nouveaux matériels vont faire chuter significativement la capacité des centres concernés. Il sera essentiel de dégager des ressources humaines pour passer ces caps. Comment l’administration s’y prépare-t-elle ? Soit pas, soit mal si l’on considère par exemple son action sur le dossier du glissement d’âge de départ à la retraite des contrôleurs. En effet, si l’administration avait travaillé à faire respecter l’esprit de la loi, plusieurs centaines de contrôleurs auraient la possibilité de partir quelques mois plus tard. Ce serait par exemple salutaire d’avoir des contrôleurs supplémentaires durant l’été 2018 lors de la transformation à 4-Flight. Certains d’entre eux n’auraient d’ailleurs pas besoin de se former sur les nouveaux systèmes. Cela permettrait d’atténuer la baisse de capacité qui sera la conséquence de la charge de formation. Au lieu de cela, les contrôleurs seront en première ligne pour faire face au trafic et aux délais imputables à l’inaction de l’administration. Celle-ci s’expose par ailleurs à des procédures judiciaires menées par les contrôleurs ayant reçu des informations erronées concernant le glissement de l’âge de départ à la retraite. Juste retour des choses si l’on considère le mépris des pouvoirs publics vis-à-vis des générations 1959-1963.

Le temps d’abattre ses cartes

Combien de temps encore notre administration pense-t-elle pouvoir sauver la face ? Pendant combien de temps encore réussira-t-elle à convaincre les pouvoirs publics que les retards et le mauvais fonctionnement de la DGAC ne sont pas les fruits de leur piètre gestion ?

En 2015, des centres français ont brillé… au palmarès des centres générant le plus de délai. Sans vision d’avenir, de nos dirigeants, il y a fort à parier qu’ils gardent pour un moment ce titre peu reluisant.

Pourquoi, dans ces conditions, se faire uniquement le relai dévoué d’un pouvoir qui, tel un comptable zélé, taille dans les effectifs sans stratégie ni discernement ?

Nous sommes dans le cadre d’une négociation d’un accord social, n’est-ce pas le moment d’essayer de construire et de partager un projet d’avenir ? Le SNCTA a fait ce travail et présenté son projet, qu’il porte depuis les élections. Pour l’heure et pour ce qui est de fournir des documents, l’administration se concentre sur le contrôle des heures ou le statut des évaluateurs linguistiques dont nous ne voulons pas. Cette gestion des priorités est une véritable provocation.

Alors Monsieur le directeur général, il est temps maintenant de dire aux contrôleurs, en matière de gestion des ressources humaines, où vous voulez les amener… si vous en avez la moindre idée.

La stratégie (ou son absence) de l’administration ayant pour objet de diviser les contrôleurs ne marchera pas : elle seule sera jugée coupable de la situation et devra en assumer les conséquences. Dans ce contexte, ce GT effectif aura inévitablement pour effet de faire monter encore d’un cran la colère et l’exaspération des contrôleurs aériens.

CDA n° 748 — DGAC : C’est quand qu’on va où ? (402.7 KiB)

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