• La grève du zèle des aiguilleurs perturbe le trafic 

    Mots clés : Contrôle aérien, DGAC, Aviation, AIR FRANCE

    Par Fabrice Amedeo
    16/07/2010 | Mise à jour : 21:37
    Réactions (265)
    Les contrôleurs aériens appliquent à la lettre les procédures et s'interdisent toute opération de bon sens qui pourrait fluidifier le trafic.
    Les contrôleurs aériens appliquent à la lettre les procédures et s'interdisent toute opération de bon sens qui pourrait fluidifier le trafic. Crédits photo : AFP

    Plusieurs compagnies déplorent des retards en pleine période de pointe estivale dus au mouvement des aiguilleurs du ciel. 

    Pas de vol annulé mais des retards accumulés. Depuis la mi-juin, les aiguilleurs du ciel s'adonnent à une grève du zèle qui perturbe le trafic aérien chargé de l'été.

    Ils protestent contre la fin des clairances, ces RTT officieuses qu'ils s'attribuaient auparavant. Celles-ci ont été révélées par Le Figaro et dénoncées dans le rapport annuel de la Cour des comptes rendu public en février. Depuis cette suppression des clairances, entrée en vigueur le 7 juin, les contrôleurs aériens ont l'obligation de «badger» lorsqu'ils arrivent au travail et en repartent. Des fonctionnaires - une minorité active - sont hostiles à une vérification de leur temps de travail qui est de 155 vacations de 8h15 en moyenne par an et s'accompagne de 97 jours de congé.

    Cette grève du zèle dans les tours de contrôle consiste en «une application avec une extrême rigidité des consignes opérationnelles», selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). «Le trafic n'est alors plus géré en bonne intelligence.» Ce qui veut dire que les aiguilleurs du ciel appliquent à la lettre les procédures et s'interdisent toute opération de bon sens qui pourrait fluidifier le trafic. Exemple: un appareil rate de quelques minutes son créneau au décollage. Contrairement aux pratiques habituelles, la tour de contrôle n'appelle pas Eurocontrol, l'instance européenne qui attribue les créneaux, pour négocier une rallonge. L'appareil reste alors cloué au sol dans l'attente d'un nouveau créneau.

    Questionnée sur le sujet, la DGAC reconnaît l'existence de cette grève du zèle depuis la mi-juin et la dit «très éparse et extrêmement difficile à mesurer» . Selon nos informations, l'institution aurait audité plusieurs vols à la suite de plaintes d'Air France et aurait eu du mal à déterminer les dysfonctionnements imputables à ses fonctionnaires. Il semble que cette forme insidieuse de grève soit surtout suivie à Paris-Orly, Lyon, Nice ainsi que sur le centre de contrôle en route d'Aix-en-Provence, plusieurs sites à forte implantation syndicale.

    «Peur de représailles» 

    Les compagnies déplorent des retards importants liés à cette grève, en pleine période de pointe estivale pour le trafic aérien. Les conséquences sont plus importantes pour les vols moyen- courriers. C'est le cas d'easyJet pour qui les retards cumulés peuvent être pénalisants en fin de journée après plusieurs rotations d'appareils. Air France est également concernée. Depuis la mi-juin, plusieurs pilotes de la compagnie ont même rédigé des rapports pour se plaindre.

    Contactées par Le Figaro, ni Air France, ni easyJet n'ont souhaité s'exprimer, «par peur de représailles à l'encontre de leurs équipages», selon un pilote d'Air France.

    De leur côté, les syndicats d'aiguilleurs du ciel démentent l'existence de cette pratique dans les tours de contrôle. L'un d'eux, l'Unsa-Icna, dénonce même «les dérives de certains personnels d'Air France qui, devant leurs passagers, tentent de justifier leurs retards en invoquant d'imaginaires grèves ou même une soi-disant grève du zèle des contrôleurs aériens». Le syndicat justifie les récents retards dans le ciel par «la météo très défavorable avec de nombreux orages» ainsi que par «la politique gouvernementale de réduction des effectifs dans la fonction publique. Il n'y a plus assez de contrôleurs aériens pour surmonter sans délais significatifs les pointes de trafic estivales».

    La DGAC assure que cette grève du zèle est en train de se résorber et que si des manquements graves sont prouvés, «elle n'en resterait pas là». Autrement dit, des sanctions pourraient être prises.

    LIRE AUSSI :

    » Le temps de travail des aiguilleurs menace la sécurité

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  • Avatarrachjohnmichaelil est temps de privatiser ce secteur trop de privilèges lui ont été donné sans aucune gratitude je propose que l'on organise des hub régionaux tenus apr l'armée de l'air en attendant que ce service soit démantelés et sous traités à des entreprises privés internationales et nationales!
    Le 18/07/2010 à 03:06 Alerter Répondre
    AvatarPauvre France15Peur des représailles, mais on rêve, ma parole.
    Le 18/07/2010 à 01:40 Alerter Répondre
    AvatarMoiledieuon n'ose imaginer le nombre d'heures travaillées par un couple dont l'un travaille à la sncf et l'autre comme aiguilleur du ciel.
    Le 18/07/2010 à 00:33 Alerter Répondre
    AvatarTimoun971Que les griels soient fondés ou non, la prise d'otages devrait etre illégale . Marre ,marre,marre. Pouvoir se déplacer librement est un droit aussi légitime que le droit de gréve. Droit de greve qu'il conviendrait d'encadrer. Lorsque l'on vit dans un pays ,ou il n'y pas de jour sans greves,et que 50 manisfestants suffisent à paralyser le pays, il serait temps de s'interroger sur les modalités de ce droit "sanctuarisé" PS: Ce pays magnifique est la Guadeloupe. Pas de greves en ce moment dans les hotels..Parce qu'ils sont vides.
    Le 17/07/2010 à 23:54 Alerter Répondre
    Avatardidi94Beaucoup de commentaires sont affligeants encore une fois. Je suis contrôleuse dans un grand centre de contrôle en route et j'ai gardé mes habitudes de travail habituelles (directes à gogo, âpres négociations avec les collègues qui suivent le mouvement...) Je sens que ça commence à s'essouffler : l'administration nous martèle que tout va bien puisqu'on applique les consignes, les pilotes ne font pas de polémique pour ne pas envenimer la chose. Ce qui me consterne peut être le plus c'est le communiqué de l'UNSA qui dit qu'il n'y a pas de grêve du zèle: c'est complètement faux!!!
    Le 17/07/2010 à 23:40 Alerter Répondre
    AvatarPauvre France15une grêve des ailes, plus exactement.
    Le 18/07/2010 à 01:43 Alerter Répondre
    AvatarphlipperPour faire une grève du zèle... il faudrait en avoir !
    Le 17/07/2010 à 23:28 Alerter Répondre
    AvatarNocktout comme faire un commentaire intelligent, il faudrait en avoir...
    Le 17/07/2010 à 23:56 Alerter Répondre
    AvatarTrigg GarnerIl est quand même hallucinant de lire combien il est scandaleux de respecter les procédures publiées.. Ces procédures ont été étudiées à la base pour permettre un écoulement du trafic SUR et FLUIDE. Le respect un peu plus scrupuleux de ces procédures et les retards par rapport aux temps de vols effectifs met en exergue combien les compagnies prenaient ces efforts (que nous faisions bien sûr avec plaisir) pour acquis, alors que les contrôleurs prenaient sur eux la responsabilité de DEROGER à ces règles pour permettre une meilleure ponctualité aux pilotes et une réduction de leur consommation carburant. Il faut rappeler que si un incident intervient alors que certaines règles ont été "contournées", c'est le contrôleur et lui seul qui sera, même indirectement, responsable de l'incident car légalement il était censé respecter les règles. Point barre. Devant un juge, les soucis de carburant ou de ponctualité sont vraiment secondaires voire inexistants. L'administration nous demande une grande rigueur horaires et une main mise sur la salle de controle car elle croit que tout ceci va permettre une amélioration du service? Nous voulons simplement prouver qu'elle a tort. On ne parle meme pas de clairances. Nous faisons nos cycles complets, nous badgeons pour le prouver. Et nous ne nous battons pas contre cela. Mais nous ne voulons pas que l'administration vienne dire à nos chefs comment tenir une salle de contrôle. Priver nos chefs de certaines marges de manoeuvre dans la gestion de la salle de controle est le debut d'un service basé non plus sur la sécurité en premier lieu, mais sur le rendement. Ce qui peut s'avérer tres dangereux.
    Le 17/07/2010 à 23:23 Alerter Répondre
    AvatarTrigg GarnerIl est quand même hallucinant de lire combien il est scandaleux de respecter les procédures publiées.. Ces procédures ont été étudiées à la base pour permettre un écoulement du trafic SUR et FLUIDE. Le respect un peu plus scrupuleux de ces procédures et les retards par rapport aux temps de vols effectifs met en exergue combien les compagnies prenaient ces efforts (que nous faisions bien sûr avec plaisir) pour acquis, alors que les contrôleurs prenaient sur eux la responsabilité de DEROGER à ces règles pour permettre une meilleure ponctualité aux pilotes et une réduction de leur consommation carburant. Il faut rappeler que si un incident intervient alors que certaines règles ont été "contournées", c'est le contrôleur et lui seul qui sera, même indirectement, responsable de l'incident car légalement il était censé respecter les règles. Point barre. Devant un juge, les soucis de carburant ou de ponctualité sont vraiment secondaires voire inexistants. L'administration nous demande une grande rigueur horaires et une main mise sur la salle de controle car elle croit que tout ceci va permettre une amélioration du service? Nous voulons simplement prouver qu'elle a tort. On ne parle meme pas de clairances. Nous faisons nos cycles complets, nous badgeons pour le prouver. Et nous ne nous battons pas contre cela. Mais nous ne voulons pas que l'administration vienne dire à nos chefs comment tenir une salle de contrôle. Priver nos chefs de certaines marges de manoeuvre dans la gestion de la salle de controle est le debut d'un service basé non plus sur la sécurité en premier lieu, mais sur le rendement. Ce qui peut s'avérer tres dangereux.
    Le 17/07/2010 à 23:17 Alerter Répondre
    AvatarDidier DelaporteA l'été 1981, une grève illégale des contrôleurs aériens étasuniens perturbait grandement le trafic. L'affaire remonta au plus haut niveau, et le 3 août Ronald Reagan mit en demeure les grévistes de reprendre le travail. Ce qu'ils refusèrent. Le 5 août, 11 345 grévistes furent licenciés sans préavis et remplacés. Il n'y a pas eu de grève depuis.
    Le 17/07/2010 à 23:14 Alerter Répondre
    AvatarbabicheExact, et ce furent les contrôleurs de l'armée des USA qui se chargèrent du trafic aérien. Qu'attend on pour faire la même chose? Ras le bol de se faire prendre en otage par tous ces inconséquents.
    Le 18/07/2010 à 00:12 Alerter Répondre
    AvatarPauvre France15très juste, cela a été un bazar relatif pendant 4 jours, depuis c'est le petit doigt sur la couture du pantalon. Mais tout le monde n'est pas Ronald Reagan, quant au pays de la veuleurie n'en parlont même pas.
    Le 18/07/2010 à 01:47 Alerter Répondre
    AvatarNockcomme déjà dit précédemment: Alors utiliser des contrôleurs militaires pour faire le travail de civils, ça a déjà été tenté dans le passé: ça s'appelait le plan Clément Marot qui a conduit à la collision en vol dans la région de Nantes de 2 avions entraînant: - la perte d'un DC9 - la mort de 7 membres d'équipage et de 61 passagers - l'atterrissage en catastrophe d'un Coronado avec à son bord 8 membres d'équipage et 99 passagers. Vous tenez à ce point à ce que cela se reproduise??? vos commentaires sont lamentables et montrent le peu de connaissance que vous avez de ce milieu
    Le 18/07/2010 à 01:47 Alerter Répondre
    Avatarpatrice lagadecmerci au Figaro de soulever enfin ce lièvre ..... je travaille en aéroport a l ' escale de NIce et je peux vous assurer que depuis un mois la situation est infernale ... entre les correspondances ratées , les heures d ' attente .... la vie du passager n ' est vraiment pas facile .... mais cela j 'imagine que c 'est le dernier des soucis du contrôleur aérien.....
    Le 17/07/2010 à 22:25 Alerter Répondre
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