Interview : Brice M.
Aéroport Roissy-Charles de Gaulle. 2 ans d’expérience.
Qu'est ce qui vous a donné envie de devenir contrôleur aérien ?
C'était le métier parfait pour concilier une bonne qualité de vie avec un métier passionnant. De plus, je voulais un métier avec des responsabilités où l'on puisse travailler dans une ambiance sérieuse mais décontractée. C'est en visitant un centre de contrôle en route que j'ai pu découvrir toutes les caractéristiques de ce métier passionnant.
Comment est-ce que vous êtes devenus aiguilleur du ciel ?
Comme une grande majorité des contrôleurs aériens, j'ai fait une classe préparatoire scientifique, puis en deuxième année j'ai passé le concours ICNA de l'ENAC. J'ai eu la chance d'être parmi les 200 retenus sur 1500 inscris. Je suis ensuite allé à Toulouse pour intégrer une promotion de 32 élèves et effectuer le cursus ICNA.
Décrivez un jour type.
C'est une profession qui s'exerce H24. On travaille en équipe sur un cycle de 12 jours. Par conséquent, je ne pense pas qu'on puisse parler de jour type. On est amené à travailler sur des secteurs très différents, surtout pour les ICNAs affectés en tour de contrôle, où l'on peut travailler dans la tour ou en salle d'approche devant notre radar. Le métier ne se limite pas à tenir la fréquence, il y a aussi des moments où notre rôle est d'assister les contrôleurs en fréquence en faisant des coordinations téléphoniques avec les secteurs adjacents par exemple ; des moments où il va falloir qu'on instruise les derniers arrivés, ainsi que des possibilités de s'investir dans tout ce qui est « la face cachée de l'iceberg » (améliorer les procédures, la qualité de service, le dialogue avec tous les acteurs du monde de l'aviation...).
Quelle est la meilleure partie de votre travail ?
Travailler sur une séquence de trafic chargée en coopération avec les autres membres de l'équipe et s'apercevoir que tout cela a permis d'améliorer la fluidité du trafic de manière efficace.
Quelle est la plus mauvaise partie de votre travail ?
Le stress de l'accident sans aucun doute ! La gestion du sommeil et du stress sont des éléments clefs de notre boulot.
Qu'est ce qui est spécifique dans votre centre ?
A Roissy, il y a certains Hubs qui se sont installés (Air France, Fedex, La postale...). Cela signifie que Roissy est le noyau central de l'économie de la compagnie. Tous les vols sont interdépendants (correspondances) et le moindre retard peut avoir des conséquences non pas sur un seul vol mais sur l'ensemble des vols de la compagnie.
Pourquoi est-ce que vous préférez travailler dans votre type de centre (tour, TRACON ou centre) ?
Je ne peux pas comparer c'est ma première affectation. Cependant, il est très plaisant de voir les avions en tour, et de voir comment les différentes compagnies sont gérées.
Pour vous quelles sont les principales qualités nécessaires à un contrôleur aérien ?
- Sens des responsabilités,
- Maturité,
- Humilité.
Quelle est la situation la plus complexe que vous avec eu à gérer ?
Gérer une situation de grosse intempérie telle que la neige sur le terrain, alors que le trafic était chargé et que les délais pour arriver jusqu'au parking étaient très longs (impossibilité pour AF de leur trouver des parkings vu que les vols au départ étaient annulés).
Quelles sont les difficultés pour une femme dans ce métier ?
Je ne pense pas qu'il y ait de difficulté supplémentaire en étant une femme. Au contraire, c'est un des métiers d'ingénieur où elles sont le plus présentes.
Que ferez vous ensuite ? Comment voyez vous votre futur ?
Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve. Je sais cependant que les ouvertures sont énormes. On peut choisir autant un poste d'encadrement, que de formateur. On peut même aller travailler à l'étranger dans des organisations européennes ou mondiales. De plus, les mutations sont permises tout au long de notre carrière si l'on souhaite changer de région et travail (on peut par exemple travailler en tour puis en centre de contrôle en route dont le boulot est très différent.