Interview : Fabrice B.
Qu'est ce qui vous a donné envie de devenir contrôleur aérien ?
Je ne connaissais pas vraiment le métier ni le concours. J'étais en classe prépa, j'ai découvert le concours via une 5/2 qui a été admise et m'en a dressé un portrait flatteur. Je ne voulais pas faire ingénieur « classique » et ne pouvais pas me permettre de suivre des études couteuses : l'ENAC, la rémunération pendant la formation et le statut fonctionnaire ont été déterminants pour moi.
Décrivez un jour type...
Selon un rythme régulier de 12 jours, nous pouvons travailler le matin à 6 heures, l'après-midi à partir de 15 heures ou encore la nuit. On alterne tous les jours et le cycle se répète tous les 12 jours. L'espace de Reims est découpé en une quinzaine de secteurs tenus par deux équipes simultanément la journée. Je peux travailler sur n'importe lequel de ces secteurs, être directement en contact avec les avions (radariste) ou chargé des coordinations avec les secteurs voisins français ou étrangers (organique). Les tenues de poste varient entre une heure et deux heures 30. Les pauses sont consacrées au sport et aux jeux de cartes, de nombreuses installations sont à notre disposition ( gymnase, tennis, beach-volley, salle muscu, parc pour courir ).
Quelle est la meilleure partie de votre travail ?
La possibilité, même en étant relativement jeune (32 ans) , d'accéder à des postes à responsabilité (instructeur, régulation des vols , encadrement d'une équipe ... )
Quelle est la plus mauvaise partie de votre travail ?
Sans hésiter les horaires matinaux et décalés : parfois difficile de s'organiser pour mener une vie sociale avec des gens non contrôleurs, horaires d'école, etc.
Qu'est ce qui est spécifique dans votre centre ?
La vie en équipe très dynamique avec une population jeune (30 ans en moyenne) , les activités sportives proposées par le CRNA en dehors des horaires de travail (2 équipes de foot, 3 équipes de volley, 2 équipes de basket, une équipe de rugby.
Pourquoi est-ce que vous préférez travailler dans votre type de centre (CRNA) ?
L'intérêt de la gestion de ce type de trafic au niveau de la stimulation intellectuelle.
Pour vous quelles sont les 3 principales qualités nécessaires à un contrôleur aérien ?
La gestion de son stress, la sociabilité, la vision en 3 dimensions.
Quelle est la situation la plus complexe/stressante que vous avec eu à gérer ?
Mon pire souvenir est lié à un non respect de consigne de la part d'un pilote : j'ai fait une information de trafic à un avion militaire américain en descente vers le niveau 280, 1000 pieds au dessus du trafic conflictuel. Le pilote a considéré que c'était une autorisation et a poursuivi sa descente au travers du niveau de l'autre sans que les espacements réglementaires soient respectés : j'étais jeune qualifié et déjà impliqué dans un Hors Norme.
Quelles sont les difficultés pour une femme dans ce métier ?
Moindres que dans le privé : pas de ségrégation de salaire, pas de carrières au ralenti, accès à tous les postes à responsabilité. Pour moi, la seule difficulté par rapport aux hommes est la gestion d'une grossesse avec le rythme de travail et la concentration exigée.
Que ferez-vous ensuite ? Comment voyez vous votre futur ?
Les évolutions du transport aérien, de l'Europe et des technologies sont telles que j'ai du mal à me projeter dans le long terme. Ceci dit, l'évolution permanente fait partie de notre travail et est une des raisons de son attractivité.