Interview : Jeremy D.
Centre de contrôle Roissy-Charles de Gaulle. 5 ans d'expérience.
Qu'est ce qui vous a donné envie de devenir contrôleur aérien ?
J'ai découvert le métier de contrôleur aérien un peu par hasard, lors d'un module en faculté qui s'appelait « comment construire son projet professionnel ». à cette occasion, j'ai pu visiter la tour de contrôle de Clermont-Ferrand Aulnat et faire connaissance avec ce métier. En approfondissant mes recherches, j'ai estimé pouvoir m'accomplir pleinement dans ce métier au rythme de vie atypique.
Comment est-ce que vous êtes devenus aiguilleur du ciel ?
Après des études de 2e cycle en faculté, j'ai réussi le concours de Technicien Supérieur des Études et d'Exploitation de l'Aviation Civile. Une première affectation en tant que contrôleur d'aérodrome a suivi la formation de 2 ans, puis par concours interne, je suis devenu Ingénieur du Contrôle de la Navigation Aérienne ce qui m'a permis d'accéder à une plus grande variété de postes de contrôleurs.
Décrivez un jour type.
Nous travaillons selon un rythme régulier de 12 jours, nous pouvons travailler le matin à 6 heures, l'après-midi à partir de 14 heures ou encore la nuit. On alterne tous les jours et le cycle se répète tous les 12 jours. Dans la tour, nous avons quatre à cinq positions de contrôle différentes : donner les clairances de départ aux avions et les premières instructions pour le vol, gérer le trafic au sol, assister le contrôle local qui gère les pistes de décollage et d'atterrissage et gérer directement les avions qui partent et qui arrivent sur nos pistes. Une place est assignée à chacun. Nous travaillons une heure environ sur chaque poste et après une courte pause nous tournons sur un autre poste : nous effectuons une relève.
Quelle est la meilleure partie de votre travail ?
Sentir son utilité dans une situation à risque, par exemple lors de la gestion d'un pilote perdu ou lors de situation de trafic chargé ou difficile et avoir le sentiment de rendre un service sûr et efficace.
Quelle est la plus mauvaise partie de votre travail ?
Sans doute le décalage de rythme par rapport aux horaires conventionnels bien que l'on s'y adapte très facilement.
Qu'est ce qui est spécifique dans votre centre ?
La spécificité principale du centre est la gestion de trafic passager à l'échelle internationale, avec toutes les contraintes imposées par les grandes compagnies aériennes (système de hub, etc.). Le trafic constitué essentiellement de moyens et longs courriers, alterne régulièrement entre forte et moyenne intensité au cours de la journée, ce qui permet de ne jamais s'ennuyer.
Pourquoi est-ce que vous préférez travailler dans votre type de centre (tour, TRACON ou centre) ?
J'aime la proximité avec les avions que procure l'aéroport ainsi que la variété des positions de contrôle disponibles en tour (ou en approche).
Pour vous quelles sont les principales qualités nécessaires à un contrôleur aérien ?
- La rigueur,
- l'adaptabilité,
- l'humilité.
Quelle est la situation la plus complexe que vous avez eue à gérer ?
Lors de conditions météorologiques dégradées, en particulier avec une visibilité très faible, les pilotes en cours d'atterrissage aux instruments ne voient quasiment rien de la piste. Les dégagements de piste peuvent s'avérer alors long et fastidieux et occasionner pour l'avion suivant une remise de gaz éventuelle. La situation peut devenir très complexe lorsqu'un pilote bloque la piste pour la bonne raison qu'il n'a plus suffisamment de références visuelles pour dégager la piste.
Quelles sont les difficultés pour une femme dans ce métier ?
Je n'en vois aucune, les femmes que je connais semblent toutes ravies d'exercer ce métier qui permet d'allier vie professionnelle et vie familiale.
Que ferez-vous ensuite ? Comment voyez-vous votre futur ?
Dans un premier temps je souhaite obtenir la pleine qualification dans mon centre d'affectation puis après plusieurs années, suivant les évolutions de mon centre, découvrir ce qui se fait ailleurs.