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La DGAC a 70 ans

Vieille dame sur laquelle le temps a fait son effet, la DGAC perd aujourd’hui la tête jusqu’à en oublier les premiers de ses enfants, les contrôleurs aériens. Ceux qui en ont conscience sont majoritaires et soutiennent l’action du SNCTA. Ils refusent l’omerta, gardent un œil critique et sans concession sur une famille qui n’a pas su s’adapter, quitter ses archaïsmes. Les premiers responsables : nos dirigeants et ceux qui les soutiennent et se complaisent dans l’auto satisfecit permanent.

Des dirigeants fiers de leur bilan !

La lecture du dernier numéro d’Aviation civile magazine(*) nous apprend que la DGAC a su s’adapter aux évolutions permanentes du secteur de l’aviation civile. C’est du moins ce qu’a énoncé notre ministre en écho à une interrogation du directeur général de l’aviation civile. Preuve de cette adaptation, la réponse par la DGAC à de nombreux défis : la reconstruction de l’aviation civile après la Seconde Guerre mondiale, la construction d’un système de navigation aérienne fondé sur les radars et l’informatique, le ciel unique puis SESAR cette année.

Notre ministre et son directeur font ici un brillant résumé de la trajectoire de la DGAC et de la navigation aérienne en particulier : on a installé des radars et on attend SESAR !

C’est vrai qu’entre ces deux points il ne s’est finalement pas passé grand-chose pour les contrôleurs aériens français… Mais ça va venir ! Notre ministre annonce même que les personnels sont appelés à s’adapter aux évolutions actuelles et les rassure en promettant qu’il veillera à ce que chacun puisse assumer ses missions de manière optimale. Méthode Coué ou réelle déconnexion des réalités, nos dirigeants sont contents d’eux. Pourtant, il aura fallu l’action forte du SNCTA l’an dernier pour que notre direction concède publiquement que la navigation aérienne française était déclassée technologiquement. C’est également après une mobilisation engagée par le SNCTA, dès janvier 2014, que les redevances ont été significativement augmentées ce qui permettra, dès 2015, des recettes supplémentaires nécessaires à la modernisation de la DSNA.

Étonnante posture, qui dure et qui dure, des ministres qui passent et d’une direction qui lasse et qui casse. Elle est là la réalité de la DGAC : une vieille dame qui fait plus que son âge. Et pourtant nous l’aimons n’en déplaise à certains, nous la voulons seulement plus belle et pour qu’elle nous fasse à nouveau rêver, nous l’emmènerons se faire lifter.

Des syndicats qui jouent à vous faire peur

Le débat d’idées qui cède place à la vindicte et parfois même à la calomnie, c’est cela le syndicalisme à la DGAC. Aujourd’hui, dans notre administration, les tracts syndicaux fustigent autant, voire plus, l’action syndicale que l’action d’une direction pourtant pas exempte de tout reproche. C’est principalement le SNCTA qui en est la cible, car il réfléchit, agit et propose les améliorations ou les adaptations qu’il estime nécessaires pour renforcer le système français de navigation aérienne.
Dans un tel paysage où les agitateurs d’idées s’agitent plus qu’ils n’ont d’idées, où les grandes confédérations, en panne de projets et d’électeurs, cèdent sur tout au niveau national, le SNCTA reste une valeur sûre. Affaibli un temps, il a retrouvé ses couleurs et la confiance d’une majorité de contrôleurs. Seul syndicat en progression lors des dernières élections, il porte des revendications qui, loin d’être catégorielles, sont professionnelles et orientées pour la défense des intérêts de la DSNA.
En 1983, la DGAC a obtenu la création d’un budget annexe de la navigation aérienne (BANA), le budget général de l’État participe alors au financement des activités régaliennes. Pendant plus de dix ans, la navigation aérienne française disposait de son budget propre, ses systèmes étaient à la pointe et ses personnels bénéficiaient d’avancées sociales significatives. L’ÉNAC existait, tout comme les autres services métropolitains ou d’outre-mer. Le BANA n’a pas tué la DGAC, le BACEA, qui aujourd’hui nous régit, nuit gravement à la DSNA, pour cette raison le SNCTA le combattra.

Il fut un temps, il est vrai lointain, où la CGT signait des accords contrôleurs avec le SNCTA et ne les considérait pas comme des nantis parce qu’ils lui préféraient, déjà à l’époque, le SNCTA. Insulter le SNCTA c’est insulter une majorité de contrôleurs. Le SNCTA s’est engagé, pendant la campagne électorale, à aller chercher un accord pour la DSNA qui profite à tous les ICNA et contrôleurs de France et d’outre-mer, il le fera !

Face au drame qui vient d’endeuiller le monde de l’aviation et qui touche au cœur certains de nos collègues, notamment d’Aix en Provence, le SNCTA a mis en sommeil son action pour un temps. La douleur et l’émotion passées, il reprendra son combat pour la défense des intérêts des contrôleurs et de la DSNA. Il y mettra toutes ses forces et tous ses moyens. Il ne cédera pas et accueillera tous ceux qui voudront rejoindre son action. La direction et les pouvoirs publics semblent vouloir évaluer sa détermination, ils ne seront pas déçus.
* Aviation civile magazine, no 372 du 1er mars 2015

CDA n° 732 — La DGAC a 70 ans (1.5 MiB)

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