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L’avenir droit dans les yeux

Calendrier avec des shifts

La CAP de la semaine dernière accélère la fonte des effectifs du CRNA Nord. Après les 8 départs de décembre dernier, ce sont cette fois-ci 13 PC qui ont été mutes. Le faible nombre d’arrivées « dans les tuyaux » fait que dès l’été prochain, toutes ou quasiment toutes les équipes ne compteront plus que 11 PC ! Que faire dans un tel contexte pour garantir nos conditions de travail ? 

Tours de service « Expés » ?  Autour de nous, certains centres ont choisi d’entrer dans un « TDS expé » afin de s’adapter à la variabilité et l’augmentation du trafic dans un contexte où les effectifs opérationnels qualifiés d’ICNA vont diminuer d’environ 170 agents par rapport au nombre actuel à l’horizon 2020.

Ces « expés » sont en fait une modification de notre cycle de travail, contre rémunération et récupérations supplémentaires. A partir d’un socle national commun, un cadre local a été décliné et est actuellement en test dans trois CRNA (Reims, Bordeaux et Brest) et deux Approches (Roissy et Nice).

La durée de toutes les vacations, hors nuits, est limitée à 8h30 et sur chaque cycle une partie de l’équipe (à définir localement) travaille un septième jour supplémentaire, contre récupération. Ainsi, le nombre de cycles pendant lequel le rythme de travail passe à « 7 sur 12 » est calculé de manière à ce que chaque PC fasse 6 « septièmes jours ». Ceci étant, cela n’empêche pas aux PC choisis pour travailler ces journées supplémentaires de poser quand c’est possible une récup sur un autre jour du cycle, puisque chaque journée donne droit à récup. Le reste de l’année, le rythme de travail revient au « un jour sur deux » que nous connaissons

Partout où cette nouvelle formule a été testée, ces aménagements du tour de service ont permis de garantir à la fois une offre plus adaptée à la demande de trafic et d’offrir plus de congés que dans le cadre actuel.

Mais alors que le CRNA Nord est l’organisme de la DSNA qui a connu la plus grosse baisse des effectifs – 40 PC en moins sur les cinq dernières années, et autant pour les cinq prochaines-, le sujet reste tabou. Quel est le plan de l’administration pour continuer à alimenter sans délais des plateformes parisiennes dont le trafic à la pointe est en augmentation ? Demain, quelle offre de secteurs minimale pour le CRNA Nord et ce pour combien de congés autorisés ?

Et le CRNA Nord ?  Notre centre n’a pas la saisonnalité très forte des centres du Sud et de l’Ouest, il n’a pas non plus la variabilité horaire de Reims, nos pointes d’arrivées et de départ se situent toujours aux mêmes horaires. Centre à l’i1 le plus faible de la DSNA, il fait figure d’exception. Pour autant, notre particularité s’explique aisément car nous avons besoin lors des pointes d’arrivées comme de départs d’assurer l’écoulement d’un grand nombre d’avions. Pour contrôler ces flux de trafic, nous devons travailler sur des secteurs a minima dégroupables, et dégroupés en fonction des conditions particulières de chaque jour. Sans quoi les capacités seraient mécaniquement plus faibles et les 71 à 73 arrivées par heure pour Roissy-CDG (80 visées à l’horizon 2020) ne pourraient être assurées ! Le CRNA Nord a donc une importance stratégique pour la DSNA et pour la desserte de la première plateforme française en particulier. Il est urgent de reconnaître ses besoins en offre de secteurs comme en effectif PC.

Dès aujourd’hui, en particulier pour certaines équipes en zone W (qui ponctuellement ont vu fondre leur effectif qualifié à 10 voire 9 PC !), puisqu’aucun cadre ne permet à l’administration locale d’amener de la robustesse à notre tour de service, et que son objectif reste d’assurer un écoulement sans délai du trafic, elle procède de manière insidieuse :

  • Pour pallier des absences imprévues, l’administration a trouvé un subterfuge et s’attache à équilibrer les équipes par binômes. Ensuite en cas de besoin, il n’y a plus qu’à faire un switch c’est à dire piocher dans l’équipe jumelle, mélangeant :
    • M : 6h15-14H et J1 : 7h-15h
    • J2 : 8h-18h et S1 : 11h-22h ou 14h-22h
    • S2 15h-23h ou 15h-23h30 et N : 19h-6h15

Cette flexibilité évite bien des retards cause staffing. 

  • Si aucune solution ne peut être trouvée dans l’équipe jumelle, l’administration recherche un shift, c’est à dire un renfort dans une équipe « voisine ». Un problème en J1 ? Si l’équipe de S2 la veille peut monter à un PC de moins, elle « propose » une dispense à l’un d’eux pour qu’en contrepartie il fasse le J1 du jour suivant. « A charge de revanche, hein ? »

Ainsi l’administration use et abuse des déplacements de vacation pour un agent l’amenant à travailler soit sur un horaire différent de celui initialement prévu sur une même journée, soit sur un de ses jours de repos. Elle est en train ainsi de systématiser des pratiques contraires au travail en équipe et à la prédictibilité des jours de travail que défend le SNCTA. A petites doses, cela pourrait nous sembler anodin, mais la chute des effectifs institutionnalisera ces pratiques de flexibilité sans cadre et donc sans limites.

 Le SNCTA dénonce l’hypocrisie avec laquelle l’administration tente de mettre en place à pas de loups un cadre de flexibilité qui avait été proposé comme un cadre expérimental alternatif en début d’année par la DO au plan national mais non validé par les syndicats : switchs, shifts, des limitations de congés à 20% en période de charge (3 pour 11) et 20%+1 en dehors (4 pour 11), des déclenchements de vacations complémentaires (septième jour de travail un lendemain de S2 ou une veille de J1 contre récupération, une fois par an et par PC)…  Et demain des recyclages dirigés ? Aucun système n’est actuellement en place mais lors de la dernière réunion sur la mise à jour des notes relatives aux détachements on a bien senti la
volonté de l’administration d’y arriver…. Le SNCTA dit STOP !

Nous constatons quotidiennement la flexibilité croissante recherchée par l’administration face à la multiplication des impondérables que la baisse des effectifs empêche désormais d’absorber. Puisqu’il semble inenvisageable pour l’administration que notre centre devienne le goulot d’étranglement des arrivées parisiennes, nous devons ENSEMBLE prendre nos responsabilités et mettre la problématique du service rendu par le CRNA Nord, de ses effectifs et de leur gestion sur la table. Nous ne pouvons plus subir ; il est urgent de regarder en face notre avenir et d’obtenir des garanties sur l’effectif pour enrayer la baisse continue que nous subissons depuis 2008

LFFF17-0620 Avenir Et Effectifs VF (1.8 MiB)

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