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Quel cap pour le CRNA Ouest ?

Figurine à un carrefour fléché

Alors que 2017 s’est achevée sans surprise sur une année record, et avant d’entamer une prochaine saison aéronautique à flux tendus, la brève accalmie hivernale est l’occasion de s’interroger autant sur le bilan passé que sur les échéances à venir.

HN et délais en diminution

Indiscutablement objectif numéro un de notre cœur de métier et pourtant trop peu mentionnée, la sécurité affiche une nette amélioration.

La proportion de HN par vol est en très franche diminution depuis 2014 et l’on ne dénombre toujours aucun incident à l’interface océanique non radar avec Shanwick depuis la transition EEE (janvier 2016).

En face la croissance du trafic aérien est pourtant spectaculaire et alors que le CRNA Ouest connaissait 15 % d‘augmentation sur les deux dernières années, les délais ont quant à eux chuté de 42 % sur l’exercice mars-août 2017 par rapport à 2016. Une partie de cet excellent résultat est bien sûr à mettre au crédit du travail effectué par la cellule FMP, les ACDS et les chefs de salle.

Mais même si ces indicateurs illustrent incontestablement les efforts et le professionnalisme des personnels en salle de contrôle, il ne peuvent néanmoins pas masquer de fortes inquiétudes sur l’avenir.

Trafic vs Effectifs

Tant au niveau local que national, chacun connaît aujourd’hui la situation actuelle sur les effectifs.

Si la demande demeure forte et continue, les effectifs, eux ne suivent pas la même pente.

Lors du prochain GT Effectifs, la DSNA devra bientôt se confronter à assumer son arbitrage dans l’attribution des dernières maigres ressources issues du protocole de 2013 (protocole signé par l’USAC-CGT et la CFDT). Le constat est tristement prévisible : peu importe la décision qui sera prise, elle ne satisfera personne.

Si la section locale prend acte de cet état de fait, elle soutient néanmoins pleinement la démarche de son bureau national qui travaille à inciter notre administration à se doter enfin d’une réelle méthode fondée de gestion des effectifs en CRNA. La politique de répartition au doigt mouillé ne peut plus durer. Seules la confiance, la transparence et l’objectivité seront gage de sérénité sur ce sujet.

Un tour expérimental à l’essai

En mai 2017, après avoir subi une baisse du droit à absences, les contrôleurs brestois ont très majoritairement choisi de soutenir la proposition du SNCTA d’expérimenter un autre cadre de travail alternatif aux conditions de travail de l’arrêté de 2002.

En posant notamment comme axe fondateur la question de la pertinence de travailler 11 heures dans une même journée, le SNCTA s’attaque à la problématique de la fatigue au travail et par voie de conséquence à ses corolaires immédiats : la sécurité et les conditions de travail. Nous restons en effet convaincus que la maîtrise de la durée des vacations est l’évolution indispensable de notre profession.

Lors de sa première réunion, le comité de suivi des expérimentations (CSP) — qui doit se tenir pour la deuxième fois le 15 février prochain — avait estimé prématuré de tirer des conclusions sur le nouveau tour avant le passage de l’été aéronautique.

Ensuite il faudra effectivement tirer le bilan et examiner si la mise en oeuvre de ce TDS XP est satisfaisante ou si des modifications sont souhaitables.

Une clause de revoyure début 2019

La clause de revoyure associée à la mise en place du TDS XP a été voulue et défendue par le SNCTA, car elle permet aux contrôleurs de garder la main sur la voie qu’ils préfèreront suivre à l’issue, début 2019.

Gageons alors que les plus critiques envers ce TDS expérimental sauront travailler à proposer aux personnels une alternative crédible. Il en irait de l’intérêt de tous. Le cas échéant le SNCTA restera fidèle à sa politique, il œuvrera de nouveau pour que les personnels puissent de nouveau choisir eux-mêmes leurs prochaines conditions de travail, dans un cadre démocratique.

Mais soyons clairs, le SNCTA n’acceptera pas de nouvelle tentative de galvauder la démocratie : il s’opposera encore à la création d’un nouveau mode de scrutin « plus démocratique que la démocratie » et à la confiscation du droit à choisir.

Les défis brestois

Mais ce nouveau tour de service est loin de rester le seul défi que la salle de Brest ait à relever dans les prochaines années, et s’il convient de faire face aux enjeux immédiats, il est tout autant primordial de connaître la vision de la DSNA sur les moyens dont elle souhaite se doter pour répondre aux problématiques futures.

En particulier, elle devra s’attacher à répondre à la question centrale du nombre maximum de secteurs gérables par un seul CDS en monozone, alors que nous connaissons jusqu’à 60 changements de configuration de salle quotidien — chiffre sans équivoque qui démontre les efforts permanents de la salle pour optimiser le trafic aérien. Ajoutez à cela le peu de reconnaissance de la fonction et un manque de moyens avérés pour permettre aux CDS d’assurer sereinement leurs missions et l’on trouvera probablement un début d’explication à la désaffection grandissante des ICNA brestois pour le poste de chef de salle (1 candidat pour 6 postes). La section locale œuvrera pour que cette fonction soit mieux reconnue notamment au CRNA-O.

Quant aux problématiques Espace, peut-on sérieusement imaginer travailler à l’instauration d’une couche supplémentaire « Super U » pour faire face à la demande si l’on sait pertinemment que l’on n’aura pas l’effectif nécessaire pour armer les secteurs ?

Symptômes supplémentaires néanmoins révélateurs de la pression que subissent les agents, les demandes de temps partiels de droit sont croissantes et le centre doit faire face pour la première fois au non-pourvoi de la totalité des postes qu’il offre en CAP.

Mises bout à bout, ces problématiques complexifient l’horizon du CRNA Ouest, et il est maintenant primordial de connaître le cap choisi par notre administration afin de pouvoir mettre en œuvre dès aujourd’hui les moyens d’y arriver.

La section locale SNCTA demande à notre administration d’afficher clairement ses ambitions afin d’offrir enfin une visibilité claire au CRNA Ouest.

Souhaite-t-elle réfléchir à instaurer une situation sereine, confortable et professionnelle qui saura accompagner la croissance en améliorant le service tout en fournissant un niveau de sécurité élevé, ou choisit-elle de continuer à mener une politique au jour-le-jour avec pour seule réelle action celle de laisser le soin aux personnels de panser eux-mêmes les plaies ?

2018-02-08 CDA Quel Cap Pour LFRR (0.2 MiB)

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