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Tous en grève !

L’ensemble des syndicats représentatifs de la DGAC ont déposé hier des préavis de grève les 3, 4 et 5 juin prochain. Alors que les rémois attendent toujours de connaître le sort qui leur sera réservé cet été, le bureau de section du SNCTA souhaite aborder avec vous les raisons de ce mouvement général.

Contexte

Après des mois de négociations dans le cadre protocolaire, une V0 sans volet social sortie en début d’année et des bilatérales à n’en plus finir, le directeur général de la DGAC a réclamé, fin avril, 3 semaines de pause dans les  négociations en cours afin d’obtenir un arbitrage ministériel quant à la valorisation assujettie à l’éventuelle signature d’un protocole.

Malgré l’exaspération inspirée par ces lenteurs protocolaires, le SNCTA y voyait enfin une prise de conscience de notre administration quant à la légitimité de nos revendications. Finalement mercredi dernier, le directeur général a organisé une série de bilatérales avec les syndicats représentatifs de la DGAC afin de présenter le volet social obtenu suite à l’arbitrage de Matignon. Quelle ne fut pas notre déception en apprenant son contenu ! Voici les principales propositions :

Socle contrôle

Compte tenu :

  • des contraintes croissantes imposées à l’ensemble de la profession par la politique irréfléchie de baisse des effectifs à la DGAC ;
  • de la future application des nouveaux règlements européens en terme de prorogation de notre licence de contrôle ;
  • de l’augmentation constante du trafic.

Le SNCTA revendique des contreparties logiques pour l’ensemble de la profession.

Notre administration n’a eu pour seule réponse :

  • une revalorisation de 80 euros brut par mois ;
  • aucune revalorisation des retraites ;
  • aucune augmentation de la NBI ;
  • aucune revalorisation annuelle alors que le protocole s’inscrirait pour une durée de 4 ans faisant fi de l’augmentation prévue du trafic et de l’inflation.

Comment pourrait-on accepter un tel manque de considération et de reconnaissance face aux futurs enjeux qui attendent les contrôleurs français ?

Expérimentations

Alors que des points de divergence subsistent toujours entre exigences administratives du cadre expérimental et acceptabilité sociale pour le SNCTA, c’est encore et toujours au niveau compensatoire que le bât blesse. Et pour cause, le DG a annoncé une enveloppe de 430 euros brut mensuels et des contraintes bien supérieures à celles connues en 2015. Ce montant résulte certainement du jeu des négociations qui recommencent suite au nouvel arbitrage ministériel. Pourtant il est insupportable de voir que l’urgence de la situation ne semble pas être ressentie en haut lieu. Alors que ce dossier devrait être bouclé depuis des mois, notre DG ose faire une proposition inférieure à ce qu’il annonçait avant de se rendre à Bercy débloquer de nouveaux fonds. Ceci est irresponsable et insultant !

Effectifs

Le directeur aurait obtenu de Matignon une « inflexion significative » de la baisse des effectifs. Pour autant, il n’a pas souhaité, communiquer plus de détails renvoyant les débats au CT DGAC convoqué pour l’occasion le 31 mai. Nul doute que vu les propositions outrageuses énoncées précédemment, cette soi-disant inflexion ne pourra être que décevante  eu égard aux attentes du SNCTA qui a rappelé ses revendications : stabiliser les effectifs à partir de 2022. Compte tenu du temps de formation moyen d’un ICNA en appliquant : recrutements année N = Départs année N+5.

Analyse

Même en considérant que ces propositions sont le jeu des négociations et ont vocation à évoluer, après des mois de négociations, après avoir attendu plus de 3 mois les arbitrages de Matignon, et alors que les Rémois ne savent toujours pas comment ils vont faire face au trafic estival, ces propositions sont inacceptables, et méprisantes.

Nous revendiquons entre autre :

  • un plan pluriannuel de recrutements compensant les départs à la retraite à N+5 ;
  • une valorisation juste du socle contrôle ;
  • une revalorisation des retraites ;
  • une diminution des contraintes expérimentales et une valorisation à la hauteur de la performance dégagée ;
  • l’exclusion des contrôleurs aériens du RIFSEEP.
L’ensemble des syndicats représentatifs de la DGAC font le même constat et rejettent en bloc les propositions du DG et sont prêts à se mobiliser. Aveugles devant l’état déplorable de la DGAC, nos décideurs restent également sourds a nos alertes et à nos revendications. Des préavis de grève séparés ont donc été déposés par tous les syndicats de la DGAC les 3, 4 et 5 juin pour dénoncer ce système à bout de souffle.

CDA LFEE - Tous En Grève (0.4 MiB)

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