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Tag: Fatigue

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Projet « Aix 2018 » : Devoir de vérité — Épisode 1

Thermomètre « risque » qui explose

Tours de service du CT du 4 décembre 2017 : une copie à jeter

Les tours de service que l’administration entend nous imposer sont enfin sortis. Le SNCTA les rejette catégoriquement ainsi que la méthode employée. Quelques explications…

Le contenu des tours de service (TDS)

L’administration a envoyé comme documents de CT de nouveaux tours de service pour 2018 qu’elle compte passer en force. Elle introduit comme changement majeur dans son projet de réforme trois tours de service pour chaque zone :

  • un TDS hiver, d’une durée d’application de 15 semaines ;
  • un TDS mi-saison, d’une durée d’application de 23 semaines ;
  • un TDS été, d’une durée d’application de 14 semaines.

Le SNCTA n’est pas opposé à l’idée d’une troisième période, à condition que celle-ci permette d’améliorer les conditions de travail des contrôleurs et non de les dégrader davantage. Sans surprise, les TDS de l’administration ne vont pas dans ce sens, bien au contraire !

Zone Ouest
Hiver Mi-saison Été
Volume horaire hebdomadaire réel* 32 h 20
(+0 h 20)
34 h 35 h 30
(+1 h 30)
Nombre de vacations d’au moins 10 h 2 3 5
(+2)
Nombre de vacations de 11 h 2 3 3
Zone Est
Hiver Mi-saison Été
Volume horaire hebdomadaire réel* 32 h 20
(+0 h 20)
34 h 35 h 30
Nombre de vacations d’au moins 10 h 3
(+1)
3
(+1)
4
Nombre de vacations de 11 h 3
(+3)
2
(+2)

* Le service applique unilatéralement une nouvelle méthode de calcul, pioche arbitrairement dans des textes de lois opposés, et affiche des temps sous-estimés. Le SNCTA dénonce ce tour de passe-passe.

Non seulement cette augmentation du temps de travail va générer plus de fatigue pour les contrôleurs mais elle s’accompagne d’autres mesures également condamnables :

  • le nombre d’heures au-delà des 32 h hebdomadaires réglementaires atteint 100 h, soit environ 40 h qui s’ajoutent encore à celles d’aujourd’hui et ce, sans compter le J0 !
  • les pauses d’« équipe » sont fractionnées à un niveau jamais atteint ;
  • le J0 s’effectue en binômes dont les montées sont davantage décalées et les horaires potentiellement variables d’un jour sur l’autre ;
  • la gestion de la salle par le chef de S2 de la zone Est un non-sens opérationnel avec plusieurs tenues de fonction CDS de 30 ou 45 minutes seulement ;
  • cerise sur le gâteau, les S1 de la zone Ouest qui débutent à midi n’ont aucune pause déjeuner prévue…

Dans le contexte d’un effectif toujours en baisse et d’un trafic qui explose, ces indicateurs défient toute logique en allant à l’encontre des enjeux sécuritaires et de maîtrise de la fatigue que notre profession requiert.

La méthode employée

La relation de confiance entre la salle et son encadrement est complètement rompue, et l’extrême tension qui règne ne saura être calmée par une démonstration de force de l’administration.

Le SNCTA revendique — depuis plus d’un an — un espace de dialogue adéquat pour chercher des solutions aux problèmes RH du CRNA-SE.

En ce sens nous regrettons :

  • le refus de notre encadrement local d’ouvrir à notre demande un GT Horaires dès la signature du protocole 2016 ;
  • le refus de nos administrations locale et centrale d’ouvrir un GT Horaires avant l’été 2017, conformément aux demandes de l’assemblée générale intersyndicale du 22 mai ;
  • la non-ouverture du GT Horaires convoqué le 22 septembre, à cause de son blocage par une partie des contrôleurs ;
  • la menace de passage en force d’un nouvel horaire en CT, qui représenterait un affront sans précédent.

Dans ce contexte, nous affirmons dès à présent que les propositions outrancières de l’administration décrites plus haut ne méritent pas d’être étudiées.

Le SNCTA maintient sa position : un espace de dialogue est nécessaire pour travailler avec l’encadrement, les organisations syndicales et des représentants d’équipes. En revanche, le SNCTA s’oppose à ce qu’une réforme ne dégrade davantage les conditions de travail du CRNA-SE. Il refuse toute évolution que les contrôleurs n’auraient pas validée.

Le SNCTA rejette sans appel les tours de service « proposés » par l’administration en préambule au CT du 4 décembre. Ils sont d’ores et déjà inacceptables en termes de conditions de travail et de maîtrise de la fatigue. Le SNCTA met en garde une nouvelle fois l’administration sur ce type de management sans vision ni dialogue, qui nous conduit droit dans le mur tant sur la sérénité nécessaire en salle pour un service de qualité que sur le plan de la sécurité.

CDA - Projet Aix 2018 (0.8 MiB)

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Flash Info — Shift : nouvelle mesure expérimentale ?

Calendrier avec des shifts
Une nouvelle version de l’application mobile du SNCTA est disponible.

Pensez à faire la mise à jour en suivant cette procédure un peu particulière.

Le GT protocolaire devant définir un ou plusieurs cadres alternatifs, qui « devront être innovants et permettre un niveau de performance équivalent » à l’organisation du travail prévue par les options 1 et 2 du protocole, s’est réuni le 24 novembre.

Après plusieurs bilatérales avec une organisation syndicale signataire, l’administration a présenté de « nouvelles » pistes expérimentales. Parmi elles, le shift qui consiste, par exemple, à faire travailler un contrôleur le samedi ou le dimanche à la place d’un jour de repos en échange d’une autre vacation de semaine dans le même cycle.

Le shift entraine un morcellement des périodes de travail (T) et surtout des périodes de repos (R) du type : T – T – T – R – T – R – T – R – T – R – R – R. Avec 3 à 5 shifts par contrôleur en période de charge, auxquels s’ajoutent 3 vacations complémentaires minimum, ce projet alternatif qui présente également d’autres mesures « innovantes » assume fièrement une orientation vers l’individualisation !

Dans l’option 1 protocolaire, négociée pendant des mois après un long processus d’élaboration interne avec les sections locales, le SNCTA a fait écrire plusieurs garanties indispensables pour sécuriser les conditions de travail des contrôleurs dont :

  • la diminution de la durée des vacations : 8 h 30 maximum (hors nuit) ;
  • la limitation du travail à 42 h sur 7 jours glissants.

Dans ce projet alternatif, élaboré dans la précipitation, c’est tout le contraire : les vacations restent longues (environ 10 h en moyenne) et, par le jeu des shifts et des vacations complémentaires, les contrôleurs pourraient être amenés à travailler régulièrement jusqu’à 50 heures en période de charge !

Des heures supplémentaires (une vacation complémentaire peut durer 10 h) et des périodes de repos morcelées : l’impact sur la fatigue est évident !

Individualisation du travail, morcellement des périodes de repos, accumulation des heures de contrôle en période chargée ! Le SNCTA a fermement réagi contre ces projets qui pourraient avoir un impact considérable sur les conditions de travail des contrôleurs, sur leur qualité de vie et surtout sur leur fatigue. Pour le SNCTA, ces projets ne construisent pas l’avenir des contrôleurs aériens, ils le dégradent.

Flash Info — Shift : nouvelle mesure expérimentale ? (0.8 MiB)

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Fatigue : enjeu crucial pour la sécurité

Dossier « Alarm fatigue » avec un stéthoscope.
Une nouvelle version de l’application mobile du SNCTA est disponible.

Pensez à faire la mise à jour en suivant cette procédure un peu particulière.

L’OACI a récemment lancé son travail de réglementation sur la gestion des risques liés à la fatigue chez les ATCO. L’EASA, dans une optique similaire, travaille sur l’édition de règles générales sur les horaires et les tours de service, devant aboutir en 2020. À l’heure des expérimentations sur l’organisation du travail à la DSNA, un focus s’impose.

Approche scientifique

La fatigue est scientifiquement décrite comme un état physiologique conduisant à une diminution des capacités physiques ou cognitives résultant des phénomènes suivants :

  • dette de sommeil ;
  • temps prolongé de forte concentration ;
  • stress ;
  • charge de travail ;
  • cycle circadien (horloge cérébrale interne qui régule le sommeil ) non respecté.

Les capacités cognitives sont l’ensemble des processus mentaux suivants :

  • mémoire ;
  • langage ;
  • raisonnement ;
  • apprentissage ;
  • résolution de problème ;
  • prise de décision ;
  • perception et attention.

Le contrôle aérien étant très gourmand en ressources cognitives, la fatigue vient donc nécessairement diminuer la productivité et la performance. L’altération des capacités cognitives vient aussi impacter négativement la sécurité.

Le sommeil

Le besoin de dormir est une nécessité biologique inhérente à chacun. Le cerveau a besoin de temps de déconnexion pour récupérer. L’essentiel de cette déconnexion se fait dans la dernière partie de nuit. Le manque de sommeil est cumulatif d’où les restrictions existantes chez certains prestataires, sur l’enchaînement de plusieurs nuits.

D’autre part, plus la plage de concentration est longue, plus le temps de repos nécessaire est grand. De même, plus la charge de travail est élevée, plus le besoin de récupération est important. Le stress et le non-respect du cycle circadien viennent, quant à eux, dégrader la qualité du sommeil. L’être humain n’est pas adapté au travail de nuit. Il faudrait par exemple 21 nuits consécutives pour être complètement adapté de manière cognitive et physique à cet horaire. Pour décrire ces corrélations, des modèles mathématiques ont été développés pour certaines professions (pilote de chasse, pilote de ligne, conducteur de camion) mais ils n’ont pas été adaptés au contrôle aérien. Read more