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Une expé. à Brest pour cet été ?

XP ?

Oui, mais ce ne sera vraisemblablement pas celle attendue par nombre de contrôleurs et ce ne sera pas eux qui en auront la maîtrise. Il y aura une expé. à Brest cet été, mais ce sera probablement celle de l’administration qui pourra expérimenter notre résistance alors que nous allons poursuivre notre chemin vers les limites de l’arrêté de 2002.

L’opposition pour seul horizon

Comme attendu et annoncé, les autres OS, après avoir mis tout leur poids dans la balance pour tenter de faire échouer la consultation, ont voté lors du CT du 1er février contre le tour expérimental proposé. Elles ont aussi voté, comme le SNCTA, contre la proposition légale, mais socialement inacceptable, de l’administration. Pour cette dernière proposition, ce n’était que reculer pour mieux sauter. Le chef de centre a alors re-convoqué le CT le 9 février, au cours duquel il a présenté exactement la même note ; le projet de l’administration est donc définitivement entériné. Est-ce une victoire pour ceux qui n’ont mené aucune négociation à son terme ? Il est permis d’en douter. Est-ce une victoire pour ceux qui ont fait de l’opposition leur fragile fond de commerce et qui promettaient à tous que l’administration ne mettrait jamais en place son projet ? Ce n’est pas sûr du tout. Est-ce une défaite qui s’annonce pour l’ensemble des contrôleurs du CRNA-Ouest ? Le SNCTA le pense et le craint.

Qu’importe le flacon pourvu que les compagnies aient l’ivresse

L’ivresse de ne pas écouter les contrôleurs, de réduire les délais, et les coûts, « coûte que coûte ». Et c’est encore mieux si en plus cela ne coûte rien, à part quelques remous ici ou là. Le SNCTA avait convaincu qu’il n’y aurait pas d’efforts sans compensation. Le comptable de la DGAC vous en remerciera : il doit regarder avec surprise ou consternation des OS refuser plus de 2 millions d’euros par an de primes à destination des personnels du CRNA-Ouest (équivalent au budget annuel de fonctionnement du CRNA-Ouest) en échange d’une évolution maîtrisée des conditions de travail, revalorisations négociées dans le protocole qu’elles ont elles même signée. Ces OS prêtent à l’administration une envie dogmatique de « casser » le un jour sur deux sur le cycle. Elle est bien plus pragmatique que cela. Elle veut de la capa. et elle l’aura, sans aucune contrepartie… mais à quel prix ? Au prix de la fatigue des contrôleurs, seuls responsables de la gestion de ce paramètre ? Certainement ! Au prix de la notion d’équipe quand la pression sur les congés rend inévitable la multiplication des remplacements ? Assurément. Et enfin, au prix d’un environnement et d’une ambiance de travail dégradés à l’approche d’un nouvel été aéronautique qui s’annonce déjà comme celui des records.

Des revendications incompréhensibles

Nous le savons, les personnels sont las de ces querelles syndicales. Mais cela ne doit pas pour autant dégager chaque OS de ses responsabilités. Oui il faut avancer, dans l’intérêt de la salle, mais il faut aussi assumer son bilan.

Début mars, une organisation syndicale a déposé des préavis locaux distincts dans trois CRNA, mais avec des revendications strictement identiques : demander plus d’effectifs pour chacun de ces centres (en laissant penser que chacun de ces centres est sa priorité) et obtenir la revalorisation de leurs propositions locales dans le cadre du GT7.

Sur les effectifs, comment cela peut-il être compris des pouvoirs publics alors que ce syndicat s’était félicité d’avoir signé en juillet 2016 un protocole dans lequel est justement affiché le nombre de recrutements pour les trois prochaines années ? Et si le problème est uniquement une mauvaise répartition des ICNA entre centres, pourquoi ne pas avoir porté ce discours lors du dernier GT effectifs et exigé plus de places pour Brest que dans les autres centres ? Probablement pour la même raison que lors du GT effectifs de 2016 au cours duquel leur BN, en présence de représentants brestois, avait demandé deux fois moins d’effectifs à Brest qu’à Aix…

Quant à la revalorisation recherchée, jusqu’au dernier moment, le directeur général a fait des propositions afin que les niveaux d’innovation et de performance demandés aux contrôleurs soient du même ordre que ceux décrits dans le protocole pour les options 1 et 2. Il a même fait le choix de rendre sa dernière proposition de maintien du 1 jour sur 2 sur le cycle publique (communiqué du 1er mars 2017) afin que chacun puisse se faire sa propre opinion. L’UNSA-ICNA les a toutes refusées.

C’est son droit et on peut le comprendre quand cela fait des mois qu’on affirme que le directeur général a donné son accord à une revalorisation de leur proposition locale dans le cadre des expérimentations prévues au protocole.

L’heure du bilan

L’heure du bilan a sonné. Pas de feuille de route à proprement parler ; une telle mesure qui définit un nombre d’absences selon le nombre de PC en équipe (en place au CRNA Nord depuis 2008) est jugée sans intérêt par nos dirigeants car contre-productive à certains égards. En effet, quel intérêt auraient, par exemple, les personnels à discuter d’un nouveau tour de service si le tableau d’absence n’avait aucune chance d’évoluer ?

Un courrier du DSNA en date du 17 mars suivi d’un courrier du DO en début de semaine dernière décrit les « nouvelles règles du jeu » :

  • le CRNA-Ouest est mis « sous tutelle » : toute modification du tableau d’absence, du tour de service ou des règles de recyclage des détachés devra obligatoirement être visée par la DO avant de pouvoir être mise en œuvre ;
  • le projet que le SNCTA avait âprement négocié avec notre administration locale et qui avait été présenté à la consultation fin janvier est définitivement caduque : pour l’été 2017, toute proposition, qu’elle soit dans le cadre expérimental ou dans celui de l’arrêté de 2002, devra au minimum apporter autant de capacité que le tour de service actuel avec les droits à absences réduits lors du CT du 9 février ;
  • les droits à absences simultanées pour les prochains étés seront au maximum ceux que nous connaissons pour l’été 2017. En effet, le directeur général a été sensible aux arguments de certaines OS qui écrivaient fin 2016, avec de jolis tableaux à l’appui, que les congés au CRNA-Ouest étaient bien trop élevés en comparaison de nos homologues des autres CRNA. Il a entendu cette « revendication », tout comme le ministère, et juge désormais nos droits à absences précédents « excessifs » ; enfin
  • un bilan à l’issue de l’été 2017 devra permettre de définir les adaptations nécessaires à l’organisation envisagée pour 2018 : en d’autres termes, le nouveau tour de service ainsi que le tableau d’absences associé devra permettre d’être plus capacitif sur les périodes pendant lesquelles nous ne répondons pas aujourd’hui à la demande (début de matinée et soirée pendant l’été, vacances scolaires l’hiver).

Et maintenant

Près de deux mois après le CT du 9 février, l’intersyndicale propose donc de travailler à nouveau ensemble afin de trouver une ou des solutions répondant au nouveau cadre défini par le DSNA. Un prochain GT GPSC est fixé au 5 avril.

Le SNCTA salue l’initiative de la CGT-CFDT-UNSA de se préoccuper enfin de la salle de contrôle et se réjouit de la perspective d’une écoute de la volonté des contrôleurs au travers une nouvelle consultation non biaisée.

Néanmoins, il n’est plus question de travailler pour qu’au final certaines OS invoquent de nouveaux prétextes afin de ne pas se soumettre au résultat des urnes. Le SNCTA respectera le choix de la salle car c’est elle qui en vivra les conséquences au quotidien.

À plusieurs reprises nous avons interpelé les autres OS sur ce point ; nous n’avons eu aucune réponse ni de la CFDT, ni de l’UNSA-ICNA. Quant à la CGT, sa réponse n’est pas forcément beaucoup plus claire : oui à une consultation mais en définissant de nouvelles règles sur les modalités du vote.

Pourquoi changer les règles et ne pas utiliser celles qui s’appliquent à l’ensemble des élections que nous connaissons (présidentielle, élections professionnelles,…) ? Est-ce pour essayer d’influer sur le résultat du vote ?

Si tel est le cas, ce n’est pas la vision que le SNCTA se fait de la démocratie.

Le tour de service qui sera mis en place au CRNA-Ouest prochainement (car vu le courrier du DO, il n’y a guère de doute sur ce point) doit être sans équivoque celui choisi par la majorité de la salle de contrôle !

Le SNCTA appelle à nouveau chaque OS à annoncer publiquement son respect (ou non) du résultat d’une consultation. Sur un sujet d’une telle importance individuelle, c’est à la salle de contrôle de décider.

Communiqué SNCTA LFRR CDA020 04042017 (0.1 MiB)

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