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CDA LFBB — La coopération entre civils et militaires tangue au CRNA/SO

Les contrôleurs bordelais font face à la croissance des activités militaires dans le sud-ouest depuis quelques années, tout en absorbant avec efficacité et malgré des effectifs historiquement bas un trafic en constante augmentation. Néanmoins, plusieurs incidents récents impliquant des vols ou des coordinations avec des organismes de contrôle militaires interpellent le SNCTA et posent la question d’une dégradation du modèle de coopération en salle de contrôle.

La balance n’est plus à l’équilibre

Le FUA (Flexible Use of Airspace) est un enjeu national et international, les personnels du CRNA/SO en sont pleinement conscients. Ils le savent d’autant plus qu’ils participent, chaque jour, au bon déroulement des activités présentes et futures de la Défense et sont des acteurs de premier rang du partenariat renforcé entre civils et militaires. Malgré ces efforts quotidiens, les grains de sable ont tendance à s’accumuler.

Au niveau stratégique d’abord, où les subdivisions Contrôle (Temps Réel) et Etudes (CAUTRA) sont sans cesse contraintes d’attendre les retours de dernière minute de la Défense en matière de planification des exercices à venir, alors que le calendrier est on ne peut plus prévisible (cycles AIRAC). Par ailleurs, exercice après exercice, la quantité de zones temporaires ne cesse de croître. Ces demandes complexifient les paramétrages et demandent un travail énorme au bureau CAUTRA. Ce sont autant de configurations à tester et de données à corriger pour que l’affichage soit le plus optimal pour les contrôleurs et les chefs de salle qui vont vivre l’exercice. Pendant ce temps, ce sont les autres dossiers Espace et corrections de parametrages qui en pâtissent, faute de ressources.

Au niveau tactique également, où les chefs de salle constatent une recrudescence des demandes, parfois pressantes, d’extension (voire d’ajout) des créneaux d’activités de La Défense. Les conséquences opérationnelles de ces nouvelles missions, non prévues à l’AUP (Airspace Use Plan), sont systématiquement la source d’un regain de complexité sur les secteurs.

Les évènements récents

Le CRNA/SO a été l’hôte, pendant 15 jours du mois de mai, d’un exercice militaire international d’envergure, Tiger Meet. En plus des zones habituelles couvrant une proportion non négligeable de nos espaces, de nouvelles zones temporaires supplémentaires ont grignoté le peu d’espace civil restant. L’impact sur les méthodes de travail et la complexité des secteurs ont été considérables, les délais ont bondi. Le timing choisi pour un tel exercice pose nécessairement question.

Enfin, les transferts CAM-CAG et les passages d’aéronefs militaires aux frontières nationales sont toujours problématiques, le plus souvent en raison de plans de vol mal déposés mais quand même acceptés IFPS. Des vols très particuliers, inconnus des organismes militaires et/ou civils qui refusent alors le transfert en fréquence : les contraintes associés sur les secteurs peuvent dégrader significativement le niveau de sécurité. La DO doit se saisir dans les plus brefs délais de la gestion partielle des dépôts de plans de vols mixtes. Elle devra obtenir d’Eurocontrol une procédure empêchant un plan OAT de décoller sans traitement préalable du Bureau d’Information des Vols Centralisé (BIVC).

Le dernier cas en date a entraîné une réaction incompréhensible et démesurée de l’interlocuteur privilégié du CDS qui ne faisait pourtant que son travail. Gageons que ce genre de situation ubuesque et de réaction inappropriée ne se reproduise plus à l’avenir car jusqu’à ce jour, le chef de salle a plus souvent répondu favorablement aux demandes portées par l’OCCD que l’inverse.

 

 Les organismes de contrôle militaire ont des contraintes, le CRNA SO a les siennes. Les contrôleurs n’ont pas la main sur les arbitrages stratégiques entre Défense et transport civil. Ils l’ont en revanche sur la protection des secteurs dans un environnement de cohabitation avec les militaires toujours plus dense. La Défense se doit de travailler à apaiser les relations avec les civils, à tous les niveaux, si elle ne souhaite pas voir se dresser des murs en salle !

 

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