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Droit de réponse au magazine Capital

Nous remercions Capital pour la sollicitude qu’il porte aux professionnels du contrôle aérien, professionnels que le SNCTA a l’honneur de défendre.

Nous faisons en effet l’objet, de votre part, d’articles répétés, selon le procédé habituel ― et si élégant ― qui consiste à se plaindre de l’excessive quantité de ce qu’il y a dans l’assiette de son voisin, en particulier quand son voisin est fonctionnaire.

Vous voulez jouer à ce jeu ? Jouons.

Mais rappelons tout d’abord ce qu’est le contrôle de la navigation aérienne. Le métier consiste à étudier en temps réel la position des avions les uns par rapport aux autres, à décider de la façon la plus sûre et la plus fluide pour écouler ce trafic rapidement évolutif dans les trois dimensions, et à donner aux équipages des instructions de cap, d’altitude et de vitesse à respecter pour y parvenir. Cela demande une formation longue, exigeante et continue, une bonne maîtrise du stress, une bonne condition physique et psychique régulièrement surveillée par les médecins, beaucoup de concentration et de réactivité.

C’est pour cela que nos 32 heures de travail hebdomadaires sont un temps de travail élevé. À l’étranger, il n’est pas rare qu’il soit de 28 heures. Et le SNCTA revendique que nous rejoignions les standards internationaux.

Il y a sur ces 32 heures, vous le disiez, 8 heures de pause. C’est exactement conforme aux règlements internationaux, auxquels tous les contrôleurs sont soumis. Parce que pour assurer la sécurité des vols que vous empruntez, Monsieur, les contrôleurs ont besoin de pauses fréquentes (incluant d’ailleurs, eh oui, nous y avons encore droit, les pauses déjeuner et dîner).

Vous jetez l’anathème sur nos droits à congés de 56 jours par an… vous n’êtes pas sans savoir qu’un salarié bénéficie de cinq semaines de congés, donc 5 × (5 jours ouvrables + 2 jours de week-end) + 11 jours fériés = 46 jours par an. Dix jours de plus pour une profession qui travaille la nuit, les week-end et jours fériés, sans compter les périodes de restriction, rien de scandaleux pour le SNCTA qui continuera de défendre ces droits !

Vous signalez que la retraite nous est ouverte à 52 ans. En théorie, oui. Mais pour partir à 52 ans, il faut se contenter d’une retraite égale au quart de notre dernier salaire. Autant vous dire que dans les faits, les contrôleurs partent tous à la retraite le plus tard possible, c’est-à-dire bien plus tard que nos collègues étrangers, qui partent en général avant 55 ans avec un taux de remplacement supérieur à 70 %.

Vous critiquez le fait que notre carrière s’achève au HEA, réservé, dites-vous, « aux énarques et polytechniciens ». Ajoutez à cette courte liste la plupart des fonctionnaires de catégorie A (nous avons, comme eux, fait de longues études), et le compte sera bon. Le SNCTA revendique même que tous les contrôleurs y aient accès, ce qui n’est pas encore le cas. Ce HEA a été fait pour booster notre retraite, dites-vous ? C’est exact. Le but étant d’améliorer une pension dont le taux de remplacement est déjà l’un des plus faibles, tant dans la fonction publique de catégorie A que chez les contrôleurs étrangers. Et le SNCTA compte donc bien l’améliorer encore.

Dernier détail : vous critiquez le coût pour le contribuable de l’ATC, ce complément de retraite unique dans la fonction publique. Erreur ? Intox ? En fait, ce coût est nul. Car l’ATC est autofinancé par les contrôleurs, qui cotisent sur leurs propres salaires, fruit de leur travail facturé aux usagers de l’espace aérien français. Quelle aubaine si tous les passagers (10 fois la population française) étaient des contribuables !

Voilà quelques unes des vérités que nous souhaitions rétablir. En voici une dernière : dans notre métier, nous n’avons droit ni aux approximations ni à l’erreur. Contrairement à vous.

Droit de réponse au magazine Capital (1.7 MiB)

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