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Effectifs à la dérive

Il faut redresser la barre sous peine de couler le trafic

Depuis l’instauration d’une nouvelle méthode basée sur l’I1 pour affecter les ressources nouvelles en CRNA, le nombre de PC au CRNA Nord fond comme neige au soleil. De 349 PC en salle en 2008 nous ne sommes plus que 299 en 2015. S’agissait-il d’un dessein caché de l’administration lorsqu’elle a opté pour cette méthode ? Certainement, mais le débat n’est plus là… Il faut maintenant, en pleine tempête, tenter de redresser la barre sous peine de perturber durablement toute l’organisation du trafic aérien en région parisienne.

Des recrutements insuffisants sur le plan national

Les effectifs opérationnels d’ICNA qualifiés vont diminuer de 160 à 170 agents à l’horizon 2020 par rapport à leur niveau actuel. — source : rapport Vernhessource : rapport Vernhes

Entre 2017 et 2020, il y aura plus de 530 départs à la retraite chez les ICNA. Le problème est que ces départs n’ont pas été remplacés à hauteur de 1 pour 1 d’où la baisse globale des effectifs opérationnels à venir. Ce manque de recrutements rend la situation d’autant plus critique au CRNA-Nord qui a, en avance de phase, payé un très lourd tribut à la baisse globale des effectifs.

Une variabilité du trafic accrue et mal prise en compte

L’évolution nationale du trafic de pointe est de près de 10 % supérieure à celle du trafic moyen ; cette évolution de la pointe par rapport au trafic moyen se constate également sur des plates-formes significatives, en particulier CDG. La variabilité du trafic se manifeste très différemment en fonction des centres : saisonnière partout avec une saisonnalité très forte dans les centres du Sud et de l’Ouest, journalière dans le centre de Paris, horaire dans le centre de Reims. — source : rapport Vernhessource : rapport Vernhes

Contrairement à ce qui est écrit dans ce rapport, notre variabilité est horaire et pas journalière. Au CRNA-Nord, c’est l’effet hub qui est plus que jamais prééminent, avec un trafic tout en vagues et en creux. Cette spécificité de trafic existe également sur les aéroports parisiens mais la problématique y est différente car ils sont alimentés en effectif selon une autre méthode. Pour les CRNA, la direction des opérations prétend prendre en compte l’effet hub mais selon une méthode inappropriée qui, au mépris des réalités opérationnelles, ne conduit pas à distinguer le CRNA-Nord des autres CRNA de ce point de vue.

Les variations répétées et rapprochées du trafic au cours d’une journée liées à des phénomènes de HUB ou équivalents obligent à mobiliser la ressource sur la base d’un armement de positions lissé dont une partie n’est plus nécessaire pendant les creux de trafic, ce qui conduit à un effet de vagues dans les ouvertures réelles de positions. Sur la base des ouvertures réelles au cours de la journée, moyennées sur une période significative, la DO a calculé que la différence entre le I1 réel et un I1 lissé supprimant les creux de cet effet de vagues était d’environ 1 point, soit l’équivalent d’une ressource supplémentaire par zone de qualification. Cet effet de « vagues » a été constaté pour les CRNA/N, SE, SO et E auxquels la correction a été appliquée. — source : DO i1 janvier 2015source : DO i1 janvier 2015

Comment parler de lissage et de moyennes lorsque le trafic à destination de CDG arrive par vagues : la P1 vers 5 h (locales), la P2 vers 8 h 30, la P3 vers 11 h 30, la P3 bis vers 14 h, la P4 vers 17 h, la P5 vers 22 h ? Le dimensionnement en effectif ne peut s’écarter de celui de la pointe et ce, même si, quotidiennement, les ouvertures secteurs réelles témoignent logiquement de creux entre deux vagues ! Comment mettre sur le même plan l’effet hub (et la complexité associée !) d’un centre « terminal » avec celle d’un centre plus éloigné ? Aujourd’hui l’accroissement de la variabilité du trafic renforce la spécificité du CRNA-Nord vis-à-vis des autres CRNA dans lesquels cette variabilité se fait sentir sous des formes différentes. Il est urgent que l’administration reconnaisse chacun dans sa différence.

Des perspectives qui confirment la tendance actuelle

Une projection à l’horizon 2020 montre que l’offre, à organisation constante, reste en moyenne au-dessus de la demande chaque mois de l’année, que la demande à la pointe reste supérieure à l’offre moyenne, et que l’écart entre la demande à la pointe et l’offre moyenne augmente très sensiblement (il double) par rapport à 2013. — source : rapport Vernhessource : rapport Vernhes

Au CRNA-Nord l’administration se fait discrète sur ce sujet mais il faut pourtant savoir que les SNA-RP discutent activement des perspectives d’avenir de CDG et du développement de ses hubs à l’horizon 2020. Le renforcement de cette plate-forme de correspondance est une tendance lourde, qui confirme l’absolue nécessité de prendre en compte à sa juste hauteur cette forme spécifique au CRNA Nord de variabilité du trafic.

Les discussions à venir sur les effectifs sont cruciales. Toute erreur de jugement de la part de l’administration pourra affecter durablement la ponctualité et la régularité des vols à destination des plates formes parisiennes.

AG intersyndicale pour les effectifs : Venez nombreux
Jeudi 14 janvier 13 h 30 à l’amphi

LFFF16-0110 CDA2 Effectifs Vf (2.3 MiB)